Le sommet de l’OUA à Yaoundé

      C’est au cours du trentième (30e ) sommet de l’OUA tenu en Tunisie en juin 1994 que le Cameroun est désigné pour abriter la conférence des chefs d’Etat de l’Organisation panafricaine deux ans plus tard. En 1995, Ferdinand OYONO rentrant d’Addis-Abeba ne se fait plus de souci dans la mesure où son pays vient d’épurer ses arriérés de cotisation s’élevant à 500 millions de F CFA auprès de l’OUA.

        Membre fondateur de l’organisation, le Cameroun n’avait jamais abrité un sommet de l’OUA. Pourtant le diplomate OYONO faisait partie de la délégation qui s’était rendue à Addis-Abeba à la suite du Président Ahidjo le 25 mai 1963 pour participer à la création de cette Organisation. Il donne les raisons de la tenue du sommet de l’OUA à Yaoundé en ces termes :

`’ … le Cameroun en tant que membre fondateur entendait ainsi apporter une fois de plus sa contribution au progrès de l’Afrique, au progrès de l’OUA. Ceci fait partie des responsabilités normales attachées à la qualité de membre d’une organisation internationale … `’

     Au cours de la réunion préparatoire dudit sommet, le comité d’experts de l’organisation africaine a retenu trente cinq thèmes relevant des domaines divers :politique, économique, social, financier de la coopération multilatérale et politique extra continentale de l’OUA, etc. .Ainsi pas moins de 31 chefs d’Etat, de chefs de gouvernement, de ministres et de chefs de délégations venues de tout le continent africain auront répondu au rendez-vous de la capitale camerounaise. Pour la réussite d’une telle entreprise, c’est au ministre des Relations extérieures qu’incombe une des plus lourdes tâche des préparatifs, à savoir s’assurer et veiller à la bonne tenue et à la participation effective des différentes délégations, en vue d’un établissement ou d’un renforcement des liens de coopération.

      Le sommet de l’OUA de Yaoundé, de l’avis de certains observateurs afro pessimistes, ne devait pas se tenir compte tenu de l’absentéisme notoire du Président BIYA à presque tous les sommets de 1983 à 1991 d’une part, du climat sociopolitique qui régnait en Afrique dans les années 1990 caractérisé par les conflits ethniques, les guerres frontalières d’autre part. A tous ceux là, Ferdinand Léopold OYONO, Vice- Président du comité national d’organisation dudit sommet et l’un des principaux artisans de sa tenue avait répondu au cours d’une interview en prélude au sommet de Yaoundé en ces termes :

`’ …Nous déplorons comme vous ces conflits qui déchirent le continent. Ils constituent, hélas un obstacle réel au développement économique et social des pays concernés ; mais en aucun cas ils ne sauraient être la preuve de l’échec de la dynamique unitaire inspirée par l’OUA. L’OUA est un organe de concertation et de décision par excellence, les rencontres périodiques des chefs d’Etat et de gouvernement voire les différents conseils des ministres ne sont que la partie visible de l’iceberg… `’

    Sur le plan politique et social, l’actualité africaine était marquée par la psychose qui régnait au Burundi. Toutefois, les participants ont pu débattre également des conflits (152) du Rwanda, Libéria et de Somalie. Une résolution portant sur le maintien de la paix et de la sécurité fut prise.Hormis ces problèmes de paix qui affectaient le continent africain, la rencontre de Yaoundé a permis de débattre des questions économiques régionales mais également de la promotion d’un développement durable etc….

    Parlant du rôle de l’OUA sur la situation économique des pays d’Afrique, le chef de la diplomatie camerounaise déclare :

`’ … Les problèmes liés à la décolonisation du continent, à l’Apartheid étant déjà réglés, il était important pour l’organisation de s’attaquer aux questions essentielles de la survie et du bien- être des peuples. Une partie des discussions aura porté sur la mise sur les rails du traité d’Abuja instituant la Communauté économique africaine entrée en vigueur en mai 1994… `’

    Le sommet de Yaoundé, a permis aux différents participants de débattre sur les questions de dette extérieure, de la situation socio-économique de l’Afrique, de la coopération et de l’intégration économique régionale. La promotion d’un développement durable, le maintien de la paix et de la sécurité, tout comme la gestion de l’environnement et la promotion de la culture et des industries africaines n’ont pas été en reste

Au total, le sommet de l’OUA de 1996 a été pour le chef de la diplomatie camerounaise,

`’… le rendez-vous d’une Afrique qui, consciente des enjeux de l’heure devait se préparer pour le troisième millénaire ; débarrassé de ses tabous. Ce fut bien évidemment un succès pour notre diplomatie… `’