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La formation en France

En août 1950  Ferdinand OYONO prend le chemin de l'Europe. Il va s'inscrire dans un lycée de Provins, petite ville de Seine et marne (France) en classe de seconde. Une nouvelle phase de sa formation est commencée.S'ouvre alors,parsemée d'aventures et non exmpte d'embûches pour le jeune homme une nouvelle phase de sa formation.. Ferdinand Léopold OYONO achève ainsi son cycle secondaire par l'obtention du Baccalauréat moderne de Philosophie .Ce succès au Baccalauréat en 1954 lui ouvre les portes des études supérieures à la Faculté de Droit et de Sciences Economiques de Paris Sorbonne. Paris et la Sorbonne étaient outre des lieux d'études de droit, de sciences politiques et économiques, ceux de nombreuses et enrichissantes rencontres et fréquentations. Ferdinand OYONO a comme proches Camara LAYE, Alexandre BIYIDI (Mongo Beti), François SENGAT KUO, William Aurélien ETEKI MBOUMOUA, pour ne citer que ceux-là. L'une des principales fréquentations d'OYONO est l'écrivain camerounais et camarade Mongo Beti avec qui il s'entend beaucoup ; celui-ci se souvient de ces années passées en France malgré la rupture de leur entente  dès l'accession du Cameroun à l'indépendance et déclare `'... OYONO et moi avons été de grands amis... `'

Entre temps, Ferdinand L. OYONO entreprend le Cycle d'études sur l'économie du développement sous l'égide du Professeur François Perroux. Au Collège de France. Licencié en 1957, il se converti en qualité de chercheur à l'Orstom de Paris. Après son admission à l'ENA de Paris sur Concours ,section Diplomatie en 1958 il effectuera un stage de formation diplomatique de six mois, au ministère des affaires étrangères du Gouvernement de la République française à Paris et dans les missions diplomatiques françaises à l'étranger. Ferdinand OYONO se rendra respectivement au Quai d' Orsay, au consulat Général de France à Gênes en Italie, enfin à l'Ambassade de France en Italie (Palais Farnèse à Rome) pour ces stages qui lui permettront d'implémenter les acquis théoriques glanés à  l'ENA de Paris. C'est aussi l'occasion pour lui de s'imprégner des réalités et surtout des canons qui régissent la profession de diplomate. Le 19 juin de la même année au Cameroun, on note un changement dans la situation administrative et politique. En effet, la loi-cadre fait évoluer le statut politique du Cameroun en accordant à ce pays la possibilité de devenir un territoire autonome. Elle accorde aussi le suffrage universel à tous les Camerounais adultes

C'est un tournant important dans la formation intellectuelle de Ferdinand OYONO que l'on va observer. Avant cette proposition du Premier Ministre camerounais AHIDJO de faire de lui un futur Diplomate, l'ancien élève taquin et moqueur du Cameroun est devenu discret et plus consciencieux. Il se distingue par ses prises de position contre la colonisation. Nul n'imagine cet étudiant discret et courageux être l'auteur de deux livres en ce moment là. En effet, le monde entier découvre un jeune romancier camerounais au grand talent : Ferdinand OYONO publie en 1956, en l'espace d'un mois, ses deux chefs d'œuvres littéraires apprêtés en partie au cours de son dernier séjour avant la France : Une Vie de boy et Le Vieux nègre et la médaille . Ces romans mettent en scène des blancs en régime colonial. Ferdinand OYONO décrit avec cet humour qui lui est propre et dans un style sans complaisance certains abus de la colonisation. Comme le dit Philippe Gaillard :

`' ...tableaux de la vie du colonisé, les romans d'OYONO sont des réquisitoires contre la double oppression de l'administration et des missions égayées par les astuces des indigènes pour tromper le blanc...»

Au cours de cette même année (1956), OYONO vit dans un milieu artificiel et précaire ; celui de l'étudiant noir en Europe aux côtés de son frère du Sud- Cameroun Alexandre BIYIDI qui affirme :

... OYONO habitait au quartier Latin, moi je n'habitais pas au quartier Latin, j'habitais dans un quartier beaucoup plus éloigné. Mais on se voyait souvent, on buvait beaucoup ensemble, on allait au cinéma ... `' .

Cette époque est marquée en France par des problèmes sociaux et politiques. La guerre d'Algérie vient d'éclater, simple soulèvement d'ambitieux et de factieux rebelles pense-t-on au pouvoir central, et qu'une opération de police ou de gendarmerie suffira à réduire. Ce soulèvement va peser de façon lourde et déterminante sur toute l'histoire de la France pendant près d'une décennie. Ferdinand Léopold OYONO se trouve au cœur du problème, occupé à ses études, certes, mais mal à l'aise. Il est partagé entre la communauté d'expériences et d'aspirations qui le lie aux Algériens et le respect dû au pays qui l'accueille, la France.

Parallèlement, dans son pays d'origine, une évolution décisive s'accomplit lentement et douloureusement au cours des mêmes années ; la pression des syndicats, la création des partis politiques et l'affirmation de ces derniers à l'instar de l'Union des populations du Cameroun (U.P.C) de UM NYOBE. Mieux structuré, ce parti déclenchera à Douala, à Yaoundé et ailleurs au Sud Cameroun en 1955 des troubles dont la répression sera sanglante à Yaoundé et Douala notamment .

1956 marque les premières années de la décolonisation, une période transitoire où F.L. OYONO, bien qu'étant loin du Cameroun, suit les ténors de lors échanger des arguments pour ou contre l'indépendance. OYONO à cette époque ne trouve pas nécessaire de s'engager dans la lutte politique comme son camarade et ami Mongo Beti qui déclare à propos : « ...On ne parlait pas de politique OYONO et moi, on était copains... ».Cette solide formation constituera des batteries solides sur le chemin de l’exercice du métier d’homme.

 


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