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Hommage de M.Jean Pierre ZANG ZANG

MONSIEUR FERDINAND LEOPOLD OYONO

                                               (14 septembre 1929-10 Juin 2010)

                                   Romancier, Diplomate, Ancien Ministre d’Etat,

                                   Ambassadeur Itinérant à la Présidence de la République

                                   Du Cameroun

 

                                   Hommage de M. ZANG ZANG Jean Pierre

                                   Directeur général de Cameroun Publi-Expansion

                                   Petit oncle maternel

 

Le Samedi 26 Juin 2010

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs.

 

            Je m’adresse à vous comme oncle maternel de Ferdinand Léopold OYONO ; et à travers vous, à Ferdinand OYONO lui-même car, nous croyons  que les morts ne sont pas morts. Ils émigrent seulement au royaume du silence, c’est-à-dire chez les « bekon ». S’ils ne parlent pas et si nous ne les voyons pas, eux nous entendent, nous, voient, nous sentent.

            Ferdinand Léopold OYONO !

            Enfant de la Forêt, enfant de Ngoulemakong.

            Petit-fils de guerriers, petit-fils du Grand Chef guerrier.

            Fils inégalé du pays Fong, fils attaché à ses origines princiers Bané.

            Tu es issu de la lignée du Chef de guerre Mvog-zang Beling Mongo, du Chef Belinga Ekoro frère de Bamela Ekoro et père du Grand Chef  Belinga Endzié frère de ta mère Mvoto et père du Chef Pierre Belinga père du Chef de Groupement Bané Centre actuel, Belinga Henri, ici présent.

            Fils, fils aimé !

            Je n’aurai jamais imaginé, il y a dix-sept jours que tu mourrais et que j’aurais à venir témoigner publiquement, avant ta mise sous terre, la peine et la douleur que  nous ressentons, nous, ta famille maternelle accompagnée des autres peuples du sol qui t’a vu naître, du sol qui a été la scène de tes premiers jeux d’enfant, source certaine de ton  inspiration et fond naturel de ton génie, car  tu en fus un.

            Avec ta disparition, Ngoulemakong perd l’unique source de sa fierté et de sa renommée.

            Nous sommes en larmes, les coeurs transpercés.

            La peine et la tristesse qui tenaillent tes oncles et tantes maternels est indescriptible et inexprimable. Nous sommes dans le désarroi, consternés et abandonnés à nous-mêmes. Cela paraîtra paradoxal compte tenu du degré de nos liens de parenté, mais telle est notre situation, tu nous laisses orphelin.

            Anatole France a dit en hommage à Emile Zola que «  ce n’est pas par des plaintes et des lamentations qu’il convient de célébrer ceux qui laissent une grande mémoire, c’est par de mâles louanges et par la sincère image de leur œuvre et de leur vie ». Oui, cela  est vrai, mais nous pensons que nous sommes dignes de te pleurer parce que nous te pleurons sincèrement.

            Toutefois, nous allons taire notre  douleur pour te dire que malgré notre tristesse nous sommes fiers de toi.

            Excellence, mesdames et Messieurs.

            Il est extrêmement difficile, même sur le plan familial, de dire un mot sur la vie d’un homme fût-il son fils, de l’épaisseur et de la grandeur multi face et multiforme de Ferdinand OYONO, sans avoir l’impression de ne rien dire.

            C’était fin mars de cette année 2010, un de nos frères, qui est ici présent, nous a consulté pour nous faire part de ce qu’il voulait rendre hommage à notre «Grand », comme on l’appelait quand ou voulait faire allusion à Ferdinand OYONO    , en allouant un prix dit  « Grand prix Ferdinand Léopold OYONO » au meilleur élève du secondaire de la Mvila Nord. Compte tenu de la figure de l’homme auquel le prix faisait référence, les avis furent divergents quant à la nature, la dimension et l’opportunité d’un hommage à lui rendre de son vivant.    

            Mi avril, je discutais personnellement du sujet avec lui. Il me dit que l’idée n’est pas à rejeter mais que cela ne pressait pas.  Nous discutâmes d’autres choses, comme d’habitude, pendant près de trois heures. Au moment de me dire au revoir, il s’éclipsa et revint avec un livre «  Ecce homo Ferdinand Léopold OYONO- hommage à un classique africain » du Professeur Gervais Mendo Ze avec la collaboration d’un collège d’enseignants universitaires de haut niveau et préfacé d’Abdou Diouf.  Qu’a-t-il voulu dire en me remettant ce livre ? Tel est l’énigme. Toujours est-il que me voici, à peine deux mois après, entrain de lui rendre hommage, lui non vivant, mais mort. Peu importe son contenu, ce livre restera le plus cher de mes biens parce que parlant d’un parent et offert par ce parent lui-même rentré dans l’histoire.

            Ferdinand Léopold OYONO, fils de ma sœur !

            Nous sommes très honorés de ce que toi notre sang, tu aies servi ta patrie, le Cameroun jusqu’au bout, jusqu’au dernier souffle.

            Loin des yeux, près du cœur avions nous été une grande partie du temps, lorsque le service de  la nation t’a appelé hors des frontières.

            Lorsque tu es rentré au bercail, tu as été avec nous et toujours avec nous, et nous croyions tout éternel, y compris ta personne.

            Tu as rénové le palais de ton grand-père.

            Toutes nos actions, toutes nos réussites sur le plan de la politique locale, nous te les devons ; peut-être n’avions nous pas toujours eu la modestie, l’honnêteté et le courage nécessaires pour le faire comprendre à la base.

            Au plan local tu étais actif  politique mais discret et tactique.

            Comme tout le monde, chacun a son idée du monde ; mais ton idée du monde, était notre idée du monde. Ton idée de l’entité Biwong-bané-Ngoulemakong, sur laquelle reposait ton socle familial est notre idée de cette entité déjà baptisée sur le plan politique Mvila Nord à laquelle tu as donné  le souffle premier et qui reste à construire.

            Cette entreprise doit se poursuivre car elle le seul gage d’unité et de progrès des peuplements de ces deux arrondissements,  peuplements de mêmes souches.

            Au niveau de l’Etat, j’ai personnellement eu le privilège de me rendre compte,  pour avoir eu l’honneur de partager quelques uns de tes précieux instants, de ce que les problèmes d’Etat sont d’un autre pouvoir. C’est pourquoi, quand tu voulais bien nous en dévoiler un pan, le visage grave et profond, le verbe mesuré, nous n’osions plus t’en accabler des nôtres, locaux, plus individuels, plus personnels, plus particuliers et souvent  plus égoïstes.

            Hier, à Ngoulemakong tes oncles t’ont autorisé à venir te reposer en paix.

            Que ta descendance trouve grâce.

            Devant cette assistance éprouvée nous promettons de veiller à ce que toute ta famille vive en paix et reste unie.

            Fils, Homme ; Homme vénéré et  respecté !

            Toi qui savais de par  le sang qui coulait dans tes veines que la vie n’est que combat et jamais repos et jouissance, tant qu’on est encore habité par le souffle divin, tu es mort au combat, tu nous mérites, nous sommes fiers de toi.

            Tu seras, tout à l’heure, enseveli, mais saches que les Mvog-zang de Ngoulemakong t’enterrent dans leurs cœurs.

            Repose en paix.

 

 


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