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Décès et obsèques officielles de son Excellence Ferdinand L.Oyono:Réactions.

 

Décès et obsèques de Ferdinand Léopold Oyono:la presse en a parlé

  L’ex-secrétaire général de la présidence de la République est mort après un malaise hier. Comme un symbole. Ferdinand Léopold Oyono, représentant permanent du Cameroun aux Nations unies de 1974 à 1982 décède le jour de la visite du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) à Yaoundé.

Son décès, survenu dans la capitale camerounaise hier jeudi 10 juin 2010 a été annoncé au moment où Ban Ki-Moon arrivait au siège de l’Assemblée nationale. Le Sg de l’Onu a tenu à adresser à la famille du défunt ses sincères condoléances, dans son discours à la tribune du parlement camerounais. En fait, son décès est survenu en mi-journée suite à un malaise. Il venait de prendre part au déjeuner offert à la présidence de la République en l’honneur du Sg de l’Onu, indiquent plusieurs sources.
La dernière sortie publique de Léopold Ferdinand Oyono, en tant que représentant personnel du chef de l’Etat, remonte à vendredi 14 mai dernier au palais des sports à Yaoundé, à la faveur de la soirée théâtrale marquant le cinquantenaire de l’indépendance et de la réunification du Cameroun. Il a assisté à la représentation de « La marche en avant » de Bidoung Mpkatt, avec une mise en scène d’Ambroise  Mbia. C’était l’une des dernières sorties officielles d’un des témoins vivants des négociations de l’indépendance du Cameroun  à L’Onu.
Jusqu’à son décès, M. Oyono occupait les fonctions d’ambassadeur itinérant à la présidence de la République. Il aurait eu 81 ans le 14 septembre prochain.

Droits d’auteur
Après avoir été ministre d’Etat chargé de la Culture pendant près de dix ans, il quitte le gouvernement le 7 septembre 2007. Ces dix années passées à la la Culture ont surtout été marquées par les réformes qu’il a conduites dans le secteur des droits d’auteur. Des réformes qui ont abouti à la création de quatre sociétés : La Cameroon Music Corporation (Cmc), la Société civile des droits de la littérature des arts dramatiques (Sociladra), la Société civile de droit d'auteur et droits voisins des arts plastiques et graphiques (Socadap), la Société civile des arts audiovisuels et photographiques (Scaap). Les dix années à la tête du ministère de la Culture étaient aussi celles d’un fidèle compagnon du chef de l’Etat, qu’il accompagnait quasiment dans tous ses déplacements officiels et privés à l’étranger.
Devait-il sans doute en partie cette proximité à sa riche carrière diplomatique. Son initiation à la diplomatie commence en effet par un stage de formation de six mois entre 1958 et 1959, au ministère des Affaires étrangères de la France à Paris et dans les missions diplomatiques françaises à l'étranger. Ferdinand Oyono se rend respectivement au consulat général de France à Gênes en Italie, puis à l'ambassade de France en Italie pour ces stages. C'est l'occasion pour lui de s'imprégner des canons qui régissent la profession de diplomate.
Après ces stages, il assumera ses premières fonctions au Cameroun comme chef de service des études au ministère des Affaires étrangères. Il est ensuite délégué aux Nations Unies de 1960 à 1961. Par la suite, il sera tour à tour ministre plénipotentiaire auprès des communautés Economiques  Européennes à Bruxelles, ambassadeur du Cameroun au Libéria, membre de la délégation du Cameroun au sommet constitutif de l’OUA en 1963, ambassadeur du Cameroun dans les pays du Benelux et en 1984, ambassadeur du Cameroun en Grande Bretagne et dans les pays scandinaves. Il est rappelé en 1985 au Cameroun pour occuper le poste de secrétaire général de la présidence de la République qu’il garde jusqu’en 1987.
Léopold Ferdinand Oyono a obtenu en 1957 une licence à la faculté de droit et de sciences économiques de Paris Sorbonne. Il compte à ce moment-là, parmi ses proches et amis, l’écrivain guinéen Camara Laye et ses compatriotes Mongo Beti, François Sengat Kuo et William Aurélien Eteki Mboumoua. M. Oyono laisse des enfants et une veuve commissaire divisionnaire dans la police camerounaise.
 

Claude Tadjon,le quotidien le jour

 

 

Ebolowa : La ville porte le deuil

Les populations pleurent un patriarche et une icône de la région du Sud.

Jeudi, 10 juin 2010, le décès du ministre d'Etat Léopold Ferdinand Oyono a été annoncé. Aussitôt la nouvelle rendue publique, des éléments de la police se sont rendus au domicile du défunt à Ebolowa pour y assurer la sécurité. Approché pour prendre la réaction de la famille à la résidence de l'illustre disparu, un gardien de la paix fera savoir  à la presse qu'aucun membre de la famille du défunt n'est présent, et que seul un domestique se trouve à l'intérieur de la résidence. "Déplorable et délicat", c'est en ces termes que Mbarga Mvondo et Amvela, deux anciens députés de la Mvila réunis par un concours de circonstances ce jeudi après-midi, ont réagi à la disparition de l'ancien ministre d'Etat. Delphine Medjo, membre du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, dit avoir été informée bien avant le journal parlé de la Crtv radio. "J'ai reçu un appel téléphonique de la Direction générale de la recherche extérieure, puis d'autres coups de fils ont suivi, notamment celui de Henri Mienlot Mbo Mvom, maire de Biwong-Boulou ; et celui de la primature". L'ancienne député déplore : "Tous nos patriarches sont en train de partir, il y a juste deux semaines, c'était l'ancien ambassadeur Paul Bamela Engo que nous inhumions à Abang, maintenant c'est le ministre d'Etat Léopold Ferdinand Oyono, une très grande perte pour le Sud. Et puis, vous êtes sans savoir que c'était l'ami intime du chef de l'Etat, c'est une mort qui va affecter le président de la République, surtout en cette période stratégique". C'est également du membre du bureau politique que la presse apprendra les circonstances du décès : "L'ancien ministre d'Etat a eu un malaise, alors qu'il prenait part au toast offert par le président de la République en l'honneur du secrétaire général des Nations unis et son épouse, hier, jeudi 10 juin 2010, au palais de l'unité", raconte la doyenne du Rdpc dans le département de la Mvila.

Jérôme Essian,le quotidien le jour

 

 

Réactions

Magloire Ondoa, enseignant à l’université de Yaoundé II : « Je suis effondré »
Le Cameroun, l’Afrique et le monde viennent de perdre un monument de la sagesse, de l’intelligence de la culture et de la générosité. J’étais à la maison dans ma bibliothèque lorsque j’ai reçu l’information à 11h30. Trois jours plus tôt, j’ai une soirée d’échange intellectuel avec lui. Nous nous sommes séparés à 2h du matin. Il m’a appris beaucoup de choses à cette occasion. Mais avant même cette soirée, il a apporté à ma personnalité les vertus de tolérance, de patience et de respect des valeurs. J’apprécie la vivacité d’esprit qui était la sienne malgré son âge, l’intellectuel qu’il est demeuré jusqu’à la mort et sa grande humilité.  Le lien que j’avais avec le ministre d’Etat Oyono a dépassé le cadre du travail.  Il ne se passait plus une semaine sans qu’on ne se voie. Je suis effondré.

Bernard Muna, président de l’Afp : « C’était un grand homme de culture »
Je voudrais avant toute chose transmettre à la famille de Ferdinand Léopold Oyono, mais sincères condoléances. Ceci dit, je retiens de lui son immense œuvre culturel. En effet, c’était un grand écrivain. Il a marqué l’histoire de la littérature camerounaise et africaine par ses œuvres. C’est d’avantage pour ces œuvres littéraires qu’il sera reconnu et honoré. Il fut également un grand diplomate. Au plan politique, il ne laisse pas grand-chose. Je ne pense pas qu’il était véritablement un homme politique. Je pense qu’il faut davantage saluer son action en tant que homme de culture et diplomate.

John Fru Ndi, chairman du Sdf : « Il laisse des ouvrages très riches »
Personnellement, je n’ai pas connu Ferdinand Léopold Oynono. Vous savez que je n’ai jamais approuvé la politique du régime actuel et il était un des concepteurs de celle-ci. Je sais également que c’était un  grand ami de Paul Biya. Mais cela dit, je retiens de lui ses formidables œuvres culturelles. C’était un grand homme de culture et il laisse à la prospérité des ouvrages très riche. Au plan diplomatique, il était également un grand fonctionnaire. Je transmets à travers votre journal, mes sincères et vives condoléances à sa famille.

 Ferninand Léopold Oyono : Le vieux nègre et la littérature

Ses romans, publiés jusqu’en 1960, sont devenus des classiques de la littérature africaine.

Ferdinand Léopold Oyono n’a écrit que trois livres et ce, jusqu’en 1960. Plus de 50 ans après, ses ouvrages restent présents dans les esprits. Son roman, « Le vieux nègre et la médaille », paru en 1956, est devenu un classique de la littérature africaine. Ce qui fait dire à l’éditeur Marcellin Vounda Etoa qu’Oyono est « un écrivain qui a commencé sa carrière par le sommet ».
« Le vieux nègre et la médaille » a été au programme scolaire. Il décrit les turpitudes d’un ancien tirailleur, Meka. Pour avoir cédé ses terres aux missionnaires et donné ses deux fils à la guerre où ils sont morts, il doit recevoir, le 14 juillet, une médaille des mains du Chef des Blancs. Alors qu’il rentre chez lui après la cérémonie, Meka est interpellé. Jeté en prison, il y subi les pires sévisses. Il comprend alors qu’avec le colon, tout est mascarade.
« Un vie de boy », publié la même année aux éditions Julliard a été réédité en 2008 chez Pocket. Ce roman relate l’histoire de Toundi. Il a fui son village et travaille comme « boy » du commandant de Cercle. Il devient, malgré lui, le témoin muet de l’adultère de sa patronne. Le commandant qui vient à découvrir la trahison se réconcilie avec sa femme. Les époux se liguent contre Toundi et l’accusent à tort de vol. « Chemin d'Europe » a  paru en 1960. Il raconte le mal-être d’un jeune Africain qui, déraciné, a du mal à s’adapter à la vie chaotique en Europe.
L’écriture d’Oyono se caractérise par ce qu’on nomme le « pleurer-rire ». Une démarche qui consiste à décrire de façon humoristique les rapports conflictuels entre le colonisateur et le colonisé et qui « fait oublier la tristesse et l’engagement du message », d’après François Nkemé, écrivain et éditeur. Pour Gervais Mendo Ze, « l’originalité du romancier n’est pas vraiment d’avoir témoigné le fait colonial. Son mérite est d’avoir construit un univers de représentations où la verve comique donne la main à l’écriture tragique pour alimenter une satire sociale captivante » (Ecce homo Ferdinand Léopold Oyono. Hommage à un classique africain, 2007, Karthala).
La mort d’Oyono, Jean-Claude Awono la qualifie d’« immense perte pour la littérature africaine, après les décès de Mongo Beti et Francis Bebey ». On retiendra de lui, au-delà de ses faits politiques, son « œuvre dense et originale », selon les mots d’Emmanuel Matateyou, critique littéraire.

Stéphanie Dongmo,le quotidien le Jour
 

 

Yaoundé : La résidence au quartier Bastos n’a pas désempli

Parents, amis et autres  connaissances accourent.
Difficile d’évaluer avec précision le nombre de personnes ayant effectué le déplacement du domicile de Ferdinand Léopold Oyono situé au quartier Bastos, non loin de l’ambassade de Russie au Cameroun. Toujours est-il que l’annonce de son décès hier jeudi 10 juin 2010 a drainé du monde à sa résidence. Elites de la région du Sud, membres du Cercle des amies du Cameroun (Cerac), parents, amis et connaissances allaient et venaient. Devant le flux de véhicules sur la ruelle, quelques policiers en tenue ont réagi pour régler la circulation.
Quelques agents de forces de maintien de l’ordre ont pris place devant le portail principal de la villa. « Le moment est mal choisi. Madame a dit qu’elle n’a pas de déclaration à faire à la presse », dit fermement l’un d’eux. Les commentaires vont bon train. On retient globalement que « le vieux nègre » n’était pas malade. Son neveu Georges Etao Oyono, surveillant général au lycée de Mendong n’a cru au décès que lorsqu’il est arrivé à Bastos. Dans son mémoire soutenu en 2004  pour l’obtention de la maîtrise en histoire à l’Université de Yaoundé I  qu’il a intitulé : « Ferdinand Oyono : le diplomate », il rend hommage à l’ancien membre du gouvernement. Le destin n’a pas permis à Georges Etoa Oyono de travailler sur les mémoires de Ferdinand Léopold Oyono.
L’ancien ministre d’Etat était aussi un bon patron.  Comme l’affirme Darius Aimé Tchitchou, employé de maison à la résidence de Ferdinand Léopold Oyono pendant 13 ans.
 

Adrienne Engono,le quotidien le jour

 

 

«  Salut l’artiste et laisse moi t’applaudir une dernière fois, cher papa. »  Voilà les mots ultimes de l’adieu de Jean Paul Oyono à son défunt père Ferdinand Léopold Oyono .Avec une vive émotion mêlée de fierté, le fils s’adresse à son papa et dessine un portrait saisissant : « Tu as brillé partout par ton magnétisme, tu voulais être au service des hommes, de la justice et du progrès…Ton cynisme apparent était autant (pour toi) une défense. »Ferdinand Léopold Oyono était un homme de culture, un diplomate, un ami du président Paul Biya.Son être ne se limitait pas à la famille naturelle de son village NgoazipI ou de Ngoulmakong,son lieu de naissance. Ses racines plongeaient aussi dans ses familles intellectuelle et spirituelle. Célèbre auteur de trois romans à succès dont le cadre et les héros campent dans la période coloniale(Une Vie de Boy,Le vieux nègre et la médaille, Chemin d’Europe),la virtuose de la plume s’est installé de son vivant au panthéon des grands écrivains de la littérature négro-africaine. Mgr Jean Mbarga,évêque du diocèse d’Ebolowa,l’a présenté comme un chrétien catholique fidèle et engagé. Pour Amadou Ali,vice-premier  ministre, ministre de la justice, garde des sceaux, représentant personnel du président de la république, c’était un grand commis de l’Etat.

  Artiste, il a projeté les contours de sa résidence champêtre de Ngoazip I, posée sur un roc taillé dans un flanc de la colline « Nkol Abatoe » où paissent tranquillement sous une palmeraie, des dizaines de bœufs. Le pied de la colline baigne dans un étang sur les rivages duquel viennent s’abreuver quelques oies. Quels cadre bucolique ! C’est là qu’ont eu lieu les obsèques officielles grandioses et très courues de Ferdinand Léopold Oyono, décédé le 10 juin 2010 à Yaoundé et inhumé le 26 du même mois à Ngoazip I.L’ancien ministre d’Etat, ambassadeur itinérant à la présidence de la république, repose désormais dans «  le cottage du vieux nègre » nom de baptême de sa villa où les employés arborent fièrement des tuniques estampillées de cette appellation contrôlée  donnée par l’illustre auteur lui-même.

Maintenant qu’il a entrepris seul le voyage sans retour dans le silence, la rupture avec les vivants, il lui reste les vœux de succès pour l’Eternité de tous ceux qui l’ont accompagné au dernier jour ici bas. Adieu l’artiste.

                                    

 

                Essama Essomba in Nyanga magazine N° 48 Juillet 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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