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Editorial du Ministre d'état Ferdinand Léopold OYONO: fondation des chantiers du renouveau culturel

Nous sommes à une période cruciale de l’histoire de l’humanité, si elle ne constitue pas simplement un tournant décisif de son destin. En effet, la fin de ce siècle coïncide avec la fin du millénaire. Et déjà, les mutations profondes du système international imposent à nos jeunes Etats une adaptation forcée au temps mondial, celui de la mondialisation des valeurs et des économies.

Pourtant, la fracture économique et culturelle entre les pays riches et les pays pauvres ne cesse de s’aggraver, et l’interdépendance proclamée des Etats s’accommode de la marginalisation des plus faibles. Le village planétaire n’est pas une cité harmonieuse.

Aujourd’hui, en termes d’avantages comparatifs, notre production réelle est seule inapte à nous garantir une insertion véritable dans les courants d’échanges mondiaux, dans un environnement économique international qui nous est fondamentalement défavorable. Dans ces conditions, une réévaluation de notre stratégie de développement passe nécessairement par la prise en compte effective de la dimension culturelle, un développement intégré ne pouvant être fondé que sur la préservation et la valorisation de l’identité culturelle nationale.

Tels sont les fondements de la politique du Renouveau culturel du Cameroun définie par le Chef de l’Etat S.E.M. Paul BIYA. Cette vision du rôle de la culture en tant qu’instrument de rayonnement et d’insertion de notre pays dans l’économie globale du troisième millénaire, à laquelle certains de nos décideurs ne semblent malheureusement pas encore acquis, est aujourd’hui partagée par les principaux bailleurs de fonds.

Ainsi, lors des assemblées annuelles de la Banque mondiale en septembre 1998, son président a rappelé: “Avec la globalisation est arrivée l’affirmation de l’identité individuelle, la conscience de soi et la fierté de l’identité culturelle. Le respect de la culture et de l’identité des peuples ou des personnes est un élément important dans toute approche centrée sur le développement humain. Du tourisme à la restauration du patrimoine culturel et historique, des investissements sont à faire pour promouvoir l’héritage culturel et les activités susceptibles de générer des revenus et le bien- être”. C’est fort de cette conviction que la Banque mondiale, ainsi qu’il ressort de son rapport intérimaire intitulé Culture et développement durable, entend désormais intégrer la dimensio4 ; culturelle dans ses interventions sur le terrain.

En octobre dernier s’est tenu à florence à l’initiative conjointe du gouvernement italien, de la Banque Mondiale et de l’Unesco une conférence internationale sur le financement de la culture en tant que principal ressort d’un développement durable. Le Cameroun a pris part à ces importantes assises qui apparaissent d’ors et déjà comme ayant posé la première pierre d’un consensus international sur la place irremplaçable de la culture, dans tout processus de développement durable.

De ce fait, c’est désormais dans leurs cultures spécifiques que les Etats puisent des modèles alternatifs d’accès à la modernité, l’enjeu étant d’atténuer les chocs de la contrainte extérieure et de reprendre en main la gestion de leur destin. Malheureusement au Cameroun, notre culture souffre encore de maux structurels, dans un paysage désorganisé qui ne lui permet nullement de donner sa pleine mesure. C’est ce qui justifie la vaste réforme en cours qui, tout en renforçant l’offre et la demande des biens culturels, dotera notre pays d’un véritable droit de la culture.

 

 

VERSION ANGLAISE

 

We are at a crucial period in the history of humanity, which may simply constitute a decisive phase of its destiny. In fact, the end of this century coincides with the end of the millenium. And already, great mutations within the international system are imposing on our younger states an unwilling adaptation to the changing times, that of globalisation of values and economies.

Meanwhile, the economic and cultural schism between rich and poor countries is aggravating, and the so-called interdependence of states is predicated on the marginalisation of weaker states. The global village is not a harmonious city.

Today, in terms of comparative advantage, our real production level cannot guarantee us a veritable insertion into the system of global exchange, especially in an international economic environment that is fundamentally unfavourable to us. In this light, a reevaluation of our development strategies can only be based on the valorisation and preservation of our national cultural identity.

These are the basic principles of the cultural new deal policy as defined by the Head of State H.E. Paul Biya. This vision of culture as an instrument of unity and integration of our country within the global economy, which, unfortunately, certain decision-makers have not yet considered, is today shared by the principal aid-donors.

That is why, during the annual assembly of the World Bank in September 1998, its president observed: “globalisation has been accompanied by the affirmation of individual identity, self-confidence and the pride of cultural identity. The respect of people’s identity and culture is an important aspect of ail approaches to human development. From tourism to the restoration of cultural and historic patrimony, great investments have been made to promote global cultural heritage and activities likely generate income and well-being”. It is on the strength of tins conviction elaborated in annual report titled Culture and Sustainal Development, that the World Bank intends henceforth, integrate the cultural dimension in its field activities.

Last October, at the join initiative of the government of Italy, the World Bank and UNESCO, a conference was organized on the financing of culture as the principal vehicle sustainable development. Cameroon participated in tins important meeting which seems to have opened the way for international consensus on the irrefutable r of culture in all processus of sustainable development.

And so now, many states are drawing inspiration from their cultural specificities build up alternative models for the drive to modernity, with the major challenge being to lessen the pressure of extern control and resume their own destinies.

Unfortunately in Cameroon, our culture is still suffering from mar structural constraints which do not allow it to blosom to its full potentials. This is the main reason behind the vast reform currently going on in the cultural domain and which, it is hoped, will not only me our cultural needs, but will give our count a strong legal base for cultural activities.

Ferdinand Léopold Oyono

    by the Minister of State

                                                                                    Culture Infos n° 04 décembre 1999

 

 


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