Dernières Actualités

La restructuration de l’outil diplomatique camerounais

  Il s'agit de montrer dans cette partie l'action de Ferdinand OYONO, dans l'organisation, l'amélioration des structures du département ministériel dont il a la charge.

1-le statut et la vie des diplomates Camerounais

       En période de crise économique dans les années 1990, bien avant l'arrivée de Ferdinand OYONO à la tête du MINREX, le manque de moyens contraignit l'Etat Camerounais à revoir à la baisse le nombre d'agents dans ses représentations diplomatiques. Le diplomate OYONO, proche collaborateur et ami du chef de l'Etat Camerounais, ne parvint pas à maintenir un important nombre de diplomates à l'étranger. Un diplomate  se souvient de ce qui fut dès lors considéré comme une psychose et déclare à cet effet :

`' On se disait que Monsieur OYONO proche du président, réussirait à plaider notre cause sur cette réduction salariale, malheureusement ce fut une déception. Il a fallu attendre deux ou trois ans pour qu'on réhabilite les salaires ... `'.

      Entre temps on a assisté à des manœuvres de diverses natures de ces derniers. Des diplomates qui faisaient la manche, des diplomates affamés, le personnel féminin pratiquant le plus vieux métier du monde pour survivre etc. On a observé cette situation à Ottawa, à Berne, la Haye, Djeddah et Ndjamena.

    Un rapport de la représentation diplomatique d'Ottawa vient éclairer cette réduction salariale ; celui-ci fait état d'une baisse de Septembre à Octobre 1993, de non perception pour les mois de novembre et décembre 1993, le changement du taux préférentiel qui est passé de 185, 20 F.CFA pour un dollar Canadien à 417 F.CFA . Cette situation de crise économique qui se manifeste au Cameroun par la baisse des salaires ne va pas être propice à la bonne gestion du ministère des Relations extérieures. Ainsi, dans les services extérieurs dudit département ministériel des abus de presque toute nature sont observés : trafic, vol, mendicité....

     A Paris par exemple, malgré les menaces d'expulsion dont les diplomates sont l'objet, on signale l'arrêt de deux trafiquants des faux timbres fiscaux. Phostin Djoutsop et Robert Moundoubou, tous agents chargés de la préparation des visas, mettent au point entre août et décembre 1994, une parade de substitution de timbres fiscaux (165), remis par les usagers. Cette pratique permit à nos deux agents d'encaisser un pactole de 11 874000 F CFA

     L'acte posé par nos deux diplomates ne pouvait que traduire la situation de misère dans laquelle nos diplomates se trouvaient dans leurs représentations diplomatiques. Par ailleurs du côté de Moscou, les arriérés de paiement en instance peuvent être évalués à près de trente trois millions de francs CFA.

     Face à ce constat, Ferdinand OYONO n'est pas resté amorphe ; dans les correspondances du 27 juin et 1er juillet 1994 qu'il adresse au Secrétariat Général de la Présidence de la République du Cameroun, il reconnut vertement la situation dramatique de ses fonctionnaires en ces termes :

`' Le gouvernement belge menace d'expulser de manière irrévocable monsieur Tamwo et Ngollo Ngama diplomates camerounais en poste à Bruxelles si règlement dettes intéressées n'est pas effectué avant le 30 juin 1994 `'’

Et de préciser dans une autre lettre

`' L'ambassade du Cameroun à Bangui connaît pratiquement un arrêt d'activités depuis octobre 1992, date du dernier mouvement de fonds d'un montant de 30 millions de FCFA»

      Le chef de la diplomatie camerounaise Ferdinand OYONO, conscient de ce que peut éprouver un fonctionnaire loin de son pays, a tenté de revoir le statut des diplomates. Malheureusement, la signature de cet important texte qui prévoyait l'amélioration de la condition du diplomate n'eut pas lieu avant le départ de Ferdinand OYONO à la tête du MINREX. C'est un dossier qui est resté en suspend à la présidence de la République, nous attendons toujours avec espoir déclare un diplomate  en fonction.

L'année 1996 sera pleine de modifications dans le fonctionnement de l'appareil diplomatique camerounais.

2- Dans la restructuration de l'appareil diplomatique et consulaire Camerounais

        Dès le 26 septembre 1996, sous la supervision du chef de l'Etat, l'on va assister à la restructuration de l'appareil diplomatique et consulaire du Cameroun. Cette restructuration porte sur les points suivants : la réduction des effectifs du MINREX, l'entretien des immeubles diplomatiques et l'extension des locaux des services centraux du MINREX.

a) La réduction des effectifs

     En dépit de l'importance des services rendus pour le bon fonctionnement de la diplomatie camerounaise, le MINREX va devoir réduire son effectif ; ainsi sur 494 personnes en service hors du Cameroun, le chef de l'Etat prescrit le rappel de 243 personnes soit une réduction de 49,19% des effectifs en poste à l’étranger. Dans cette optique, le nombre d'agents recrutés sur place beaucoup mois coûteux va sensiblement augmenter pour compenser le vide crée par le rappel des agents administratifs et domestiques.

Un diplomate se souvient de cette décision revoyant les effectifs à la baisse :

`' Ce fut une décision très difficile à comprendre ; car ce n'est pas au moment où on avait besoin d'agents dans nos ambassades qu'il fallait plutôt les ramener au pays la preuve en est que nous sommes sous représentés chiffre à l'appui

b) L'entretien des immeubles diplomatiques et l'extension des locaux des services centraux du MINREX

    S'il est vrai que l'on peut placer à l'actif de Ferdinand OYONO le projet d'extension des locaux pour des raisons de logistique et d'organisation dont une dotation financière fut prévue dans le budget d'investissement public de 1992, on ne saurait oublier son action dans l'entretien des locaux diplomatiques camerounais.

      Malgré la crise économique qui rend difficile l'entretien des édifices, le paiement des factures d'eau, d'électricité, de téléphone, ou de loyer, un effort financier supplémentaire sera fait pour la réfection de certains immeubles ; c'est le cas des représentations diplomatiques de Londres et d'Ottawa, où des crédits de 220 millions de FCFA et de 20 millions FCFA seront alloués respectivement

      Après avoir dirigé les activités du MINREX cinq années durant, Ferdinand OYONO est remplacé à la suite du remaniement ministériel du 7 décembre 1997 par Augustin KONTCHOU. Le « vieux nègre »  bien qu'ayant été muté pour le ministère de la culture, ne quitte pas pour autant la scène diplomatique camerounaise ; il devient l'Eminence grise du chef de l'Etat Paul BIYA.

 


Powered by Renvi YIMGNA. Site contacts: moi@ferdinandleopoldoyono.org, kamdem@ferdinandleopoldoyono.org