La coopération bilatéralle
Sous-titres:
La coopération bilatéralle
La 4e commission mixte Cameroun-Egypte
La 12e commission mixte avec le Gabon
Les autres commissions mixtes
L'état des liens entre le Cameroun et ses partenaires.
Toutes les pages

1- La coopération bilatérale.

       On peut définir la coopération bilatérale comme la collaboration entre deux pays souverains tant au niveau économique, diplomatique, social, culturel, scientifique, etc. Ce type de coopération trouve son fondement dans le souci qu'ont deux pays de défendre en commun leurs intérêts, de réaliser en commun des projets, de s'entraider mutuellement. C'est une coopération qui procède par la signature d'accords. Ainsi, au cours de cinq années passées à la tête du MINREX, Ferdinand OYONO aura signé plusieurs accords liés à des questions diverses.

- L'affaire Bakassi.

      Alors que les relations avec les autres partenaires bilatéraux ont connu un dynamisme sans cesse renouvelé dans l'intérêt mutuel, les liens traditionnellement pacifiques avec le Nigeria sont entrés dans une phase de grandes turbulences depuis l'occupation de la péninsule camerounaise de Bakassi par les forces armées de ce pays. En sa qualité de ministre des relations extérieures, Ferdinand OYONO, a été en première ligne dans cette crise frontalière déclenchée au mois de décembre 1993. Ferdinand OYONO explique comment le Nigeria a occupé le territoire camerounais en ces termes :
`' En décembre 1993 l'armée nigériane, au mépris de la charte des Nations unies et de la charte de l'OUA, a franchi la frontière naturelle et internationalement reconnue marquée par le fleuve Akwayafé. Pour s'installer au Cameroun ! Et de là par des attaques successives, n'a de cesse de progresser à l'intérieur de la presqu'île de Bakassi. Et ces troupes se trouvent sur une pénétrante d'environ 30 kilomètres chez nous ! Et au mépris des recommandations, tant du conseil de sécurité des Nations unies que de la cour internationale de justice... `'
       Face à cette situation entre des voisins liés par l'histoire et la géographie, le Cameroun a développé une politique étrangère d'isolement de son agresseur sur le plan international et de stabilisation du front militaire en attendant la décision de la cour internationale de justice sur le différend frontalier qui oppose les deux pays.
    Au niveau africain, en marge de la saisine de l'organe central du mécanisme de l'OUA pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits, une activité diplomatique intense a été déployée auprès des Etats membres de l'organisation panafricaine sur la justesse de la cause défendue par le Cameroun. Le 13 janvier 1994, Ferdinand OYONO est dépêché à Abuja par le Président Paul BIYA porteur d'un message de paix et de conciliation au Général ABACHA en vue d'un règlement pacifique du différend. Un mois plus tard, c'est au tour du ministre délégué auprès du Ministre des Relations Extérieures de se rendre auprès de son homologue nigérian en vue de lui faire entendre raison. Tous ces efforts se sont avérés vains.Le 20 mars 1994, Ferdinand OYONO conduit une délégation de huit membres  à Addis-abeba pour prendre part aux travaux de la deuxième réunion de l'organe central du mécanisme de prévention, de gestion, et de règlement des conflits de l'OUA. Cette délégation a pour mission de défendre la camerounité de Bakassi et de demander le retrait immédiat et sans condition des troupes nigérianes de ce territoire. Cette délégation devait également obtenir de l'organisation panafricaine que les deux pays soumettent leur différend devant la Cour Internationale de Justice (C.I.J) de la Haye, mais aussi le rétablissement d'un climat durable de paix et de bon voisinage dans le golfe de Guinée.Abordant le dossier de Bakassi avec beaucoup de tact et de dialogue, Ferdinand OYONO n'a pas désespéré. Pour lui, l'agression n'était pas consommée ; optimiste, le chef de la diplomatie camerounaise au cours d'un entretien accordé à la presse a déclaré que :
`' ... Nous avons introduit notre requête au mois de mars 1994 donc, cela signifie que les troupes nigérianes doivent retourner chez elles... `'
    Devant l'échec avéré des efforts de règlement de la crise par voie de négociation suite à la saisine de l'organe central du mécanisme de l'OUA du règlement des différends, le Cameroun a porté l'affaire devant la C.I.J. de la Haye, et par delà la question de Bakassi il a également demandé une solution par voie judiciaire de tous les problèmes pendants sur ses frontières terrestres lacustres et maritimes avec le Nigeria .Sans préjudice de la procédure judiciaire pendante devant la C.I.J., d'intenses activités diplomatiques se sont déployées pour freiner les ardeurs du Nigeria et stabiliser le front militaire. Sous les auspices du Président Gnassingbe Eyadema du Togo, le Ministre des Relations Extérieures Ferdinand OYONO et son homologue du Nigeria Chief Tom IKIMI, se sont rencontrés pendant deux jours à Kara (Nord du Togo) au sujet du différend frontalier et territorial opposant les deux pays. Cette tentative de médiation initiée par le Président Eyadema est restée la plus significative  de toutes celles qui ont concouru à la résolution du différend. On se souvient de la première qui se tint à Tunis le 13 juin 1994. Et au cours de la même année les ministres des affaires étrangères du Cameroun et du Nigeria s'étaient concertés à Kara du 4 au 6 juillet. Les deux ministres avaient arrêté conjointement une série de mesures visant à maintenir la paix dans la presqu' île de Bakassi, en attendant le verdict de la C I J.
     Les 16 et 17 février 1996, à l'invitation du Général Eyadema, Ferdinand Léopold OYONO rencontre à Kara au Togo son homologue nigérian, Chief Tom IKIMI qui avait remplacé Babagana KINGIBE au courant de l'année 1995. Au terme de cette deuxième réunion des ministres des affaires étrangères, les ministres camerounais et nigérian reconnurent que l'affaire était pendante devant la C.I.J. et se mirent d'accord sur l'arrêt de toutes les hostilités à Bakassi .
`' ...J'y étais, tout comme le précédent Ministre des Affaires étrangères du Nigeria. Nous sommes tombées d'accord pour gérer la paix, en attendant les décisions de la C.I.J. ... `'.
   Cette médiation du président togolais aboutit au processus de Kara du 17 juillet 1994. Les autorités de Yaoundé poursuivront la recherche d'un climat de paix. A cet effet, le lundi 5 février 1996, l'ambassadeur du Nigeria à Yaoundé Georges BELLO fut convoqué au ministère des Relations extérieures par Ferdinand OYONO qui lui traduisait la très vive préoccupation de Yaoundé au sujet des manœuvres de provocation de nature à susciter une escalade de violence.Dans un communiqué du 22 février 1996, le ministre camerounais des Relations extérieures dénonce les termes de l'accord du 17 février et révéla qu'en violation flagrante des engagements pris à Kara, le Nigeria poursuit les hostilités militaires à Bakassi. Ce même jour, le Cameroun décida de saisir de nouveau le Conseil de Sécurité des Nations-Unies .
   Les initiatives de l'OUA à travers son organe de règlement des conflits, ainsi que celles du conseil de sécurité et du Secrétariat général des Nations Unies ont conduit au déploiement d'une mission de bons offices alternativement au Cameroun, au Nigeria et dans la région de Bakassi.Certains diplomates  admettent à présent que c'est sous la conduite de Ferdinand OYONO que le dossier de Bakassi a connu plus tard un aboutissement heureux. Monthe TOMMO à cet effet déclare :
`' ...il aura été un grand débutant dans la gestion de ce dossier, lorsque tout espoir semblait perdu; l'ayant successivement engagé auprès du conseil de sécurité des Nations-Unis, de la C.I.J., du mécanisme de prévention de gestion et des règlements de l'OUA... `'.
C'est avec beaucoup de tact, de rigueur et de dialogue que OYONO a su mener ce dossier avant de passer le témoin au ministre de la Justice qui se chargea par la suite de le gérer. Mais, il faut dire que c'est à Ferdinand Léopold OYONO en partie qu'on doit cette solution .
   On ne saurait parler de l'action de Ferdinand Léopold OYONO sans mentionner le courage dont le diplomate camerounais a fait montre dans la gestion de ce dossier. En effet, dix huit mois après le scrutin Présidentiel d'octobre 1992, Ferdinand OYONO reconnaissait au cours d'une conférence donnée que les relations entre Yaoundé et Washington avaient connu une relative détérioration du fait que son ambassadeur madame Frances Cook se montrait favorable à l'opposition. Saisissant au cours de la même occasion l'opportunité de faire le point sur l'affaire de Bakassi, Ferdinand Léopold OYONO réaffirma à l'intention des américains le libre choix des orientations des dirigeants camerounais en ces propos :
`' ... parce que le problème de nos pays est que certains estiment les connaître tout de go et pensent de ce fait, pouvoir nous dire ce qui est bon pour nous et nous demandent de faire comme ils veulent... `'
  Toutefois, il faut dire que ce différend frontalier n'a pas frustré le chef de la diplomatie camerounaise dans son action. Ainsi, sous la supervision du Chef de l'Etat qui définit la politique étrangère du Cameroun, le MINREX a pu relancer les travaux des commissions mixtes.

- La tenue des commissions mixtes.

Les commissions mixtes sont l'expression de la volonté des partenaires de conférer une dynamique nouvelle ou renouvelée à leurs relations bilatérales. Jusqu'à l'arrivée de Ferdinand OYONO à la tête du MINREX, celles-ci se sont tenues pour la dernière fois en 1988 entre le Cameroun et ses partenaires. L'apparition des commissions mixtes comme une nouvelle pratique diplomatique a été rendue nécessaire par l'évolution des relations bilatérales. Se situant au-delà des relations diplomatiques traditionnelles, ces travaux sont apparus comme un cadre auquel les Etats ont recours lorsqu'ils désirent consolider leurs interactions.

Le rôle des commissions mixtes qui se tiennent à intervalles réguliers est d'examiner l'état des relations, de dresser le bilan de la coopération entre deux pays et de suggérer les voies de maintenir et de développer ces relations  .Ainsi, il est important de savoir que l'existence d'une commission mixte entre deux Etats n'est pas automatiquement synonyme de consolidation des relations entre ces Etats. La relation qui existe entre la commission mixte et l'approfondissement des relations bilatérales ne peut s'établir que si la commission mixte existe et fonctionne régulièrement.De 1992 à 1996, le MINREX a organisé près de dix rencontres bilatérales avec d'autres pays. C'est le cas des grandes commissions mixtes qui se sont tenus à Yaoundé du 29-30 août 1995 avec l'Egypte et à Libreville du 18-20 juillet 1997 avec pour ambition de renforcer les liens de coopération avec ces pays.

   La 4e commission mixte Cameroun-Egypte



 


Powered by Renvi YIMGNA. Site contacts: moi@ferdinandleopoldoyono.org, kamdem@ferdinandleopoldoyono.org