Dernières Actualités

Régularité de Ferdinand Oyono comme chef de mission diplomatique du Cameroun
Sous-titres:
Régularité de Ferdinand Oyono comme chef de mission diplomatique du Cameroun
Ambassadeur du Cameroun à Monrovia (1963-1965)
Au centre des liens entre Yaoundé -les pays du Benelux et la C.E.E(1965-1969)
Ambassadeur du Cameroun à Paris (1969-1974)
A Alger (1982-1984) et Londres (1984-1985)
Toutes les pages

Dans la diplomatie camerounaise depuis 1960, le chef de mission diplomatique est couramment appelé ambassadeur. Il a pour tâche précise d'assurer la protection des ressortissants et des intérêts des camerounais à l'étranger .
Ferdinand OYONO occupe les fonctions de Chef du service des études au Ministère de Affaires Etrangères depuis le mois d'avril 1961, jusqu'à sa nomination au titre d'Ambassadeur, envoyé extraordinaire et plénipotentiaire le 10 décembre 1962. Sans interruption, il réside dans cinq capitales différentes. Ferdinand OYONO a en même temps assuré cette qualité sans y résider dans plus d'une dizaine de capitales étrangères. C'est dire qu'il est l'un des plus titrés sinon, le plus titré des diplomates camerounais depuis l'accession de ce pays à la souveraineté nationale.

1- L'Ambassadeur du Cameroun à Monrovia (1963-1965)


Monrovia représente le premier poste diplomatique africain où Ferdinand OYONO est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Fédérale du Cameroun, le 10 décembre 1962. La coopération entre les deux pays voit le jour dès l'accession du Cameroun à l'indépendance. Considérant le rôle important joué par le Libéria sur la scène internationale dans les années cinquante et soixante et du fait que c'est le premier pays indépendant d'Afrique noire en dehors de l'Afrique du Sud dominée par les racistes blancs, Monrovia a constitué un phare pour le continent africain. Il était par conséquent de bon ton que le Cameroun y dispose d'une représentation diplomatique.
     Par ailleurs, à cette période précédant les indépendances africaines, le gouvernement de Monrovia était l'un des rares pays en Afrique à dire non à l'anarchie et à la violence que l'on observait dans certains pays, et à prôner la négociation . Du 8 au 12 mai 1961en effet, dans la capitale Monrovia , les Etats membres du groupe de Brazzaville, favorables à la politique du Président William TUBMAN vont se retrouver dans la capitale du Libéria et constituer le groupe des modérés ou de Monrovia. Le Président Ahmadou AHIDJO à la suite de l'initiative et de l'engagement du président William TUBMAN, ouvrira une représentation Diplomatique à Monrovia.
    Cette ouverture peut également se justifier par le soutien que le président libérien avait apporté au président AHIDJO lors de la contestation de la réalité de l'indépendance du Cameroun par l'Union des populations du Cameroun (UPC) soutenue alors par certains pays tels le Ghana, la Guinée etc. C'est dans ce sens que Alexis BOUM précise que :
`' Lorsque les nationalistes Upécistes se rendaient aux Nations-Unies pour demander que cette indépendance qu'ils appelaient factice ne soit pas reconnue, il n'y avait pas beaucoup d'Etats africains comme le Libéria pour apporter leur soutien au Cameroun. Ce n'était pas du tout évident compte tenu de l'opposition et de la résistance qui était faite... `' .En effet, à travers un communiqué publié en 1961 le gouvernement de Monrovia a manifesté sa sympathie au peuple Camerounais. De 1963 à 1965, la mission de Ferdinand OYONO au Libéria va consister à maintenir le climat de fraternité et de coopération étroite entre les deux pays. Ferdinand OYONO se souvient de cette nomination :
`' C'est avec beaucoup de joie et de courage que j'ai accueilli ma nomination ; je ne pensais pas être nommé si tôt pour défendre les intérêts de mon pays. Le Président Ahidjo m'a fait confiance et je n'eu pas grande peine au cours de ma mission à Monrovia `'
     Au cours de cette période (1963-1965) en effet, des liens de coopération bilatérale en matière d'agriculture et d'éducation se sont renforcés. Le Liberia a ouvert ses portes aux Camerounais désireux de se former sur les techniques agricoles modernes. En retour, il envoyait certains de ses étudiants se former au Cameroun. Le climat de confiance réciproque entre les deux pays s'est poursuivit jusqu'à nos jours malgré les troubles politiques incessantes qu'a connu le pays depuis l'avènement du Sergent Samuel Doe en 1980. Ferdinand OYONO deuxième Ambassadeur du Cameroun au Liberia après Joseph OWONO NKOUDOU, peut être crédité d'avoir contribué au renforcement durable des rapports entre les deux pays. Cette coopération n'a connu aucun incident lorsqu'il quitte ce pays pour Bruxelles.

2- Au centre des liens entre Yaoundé -les pays du Benelux et la C.E.E(1965-1969)


     Le 03 novembre 1965, Ferdinand Léopold OYONO est nommé à la suite de deux décrets du chef de l'Etat Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun au royaume de Belgique ; et cumulativement, Ambassadeur de la République Fédérale du Cameroun au Luxembourg et aux Pays Bas avec résidence à Bruxelles. Entre Yaoundé et Bruxelles, siège de la Communauté Economique Européenne (C.E.E), s'ouvre ainsi une grande ère de coopération visant à amener les pays de la C.E.E a s'intéresser au développement économique du Cameroun. C'est la mission qui est assignée au nouvel Ambassadeur ; mais très vite étant donné l'existence du marché commun qui organise la coopération économique entre les six pays européens  et qui vise à harmoniser et a organiser les relations économiques avec les nouveaux Etats Africains et Malgaches (E.A.M.A), l'action de Ferdinand OYONO va vite s'intégrer dans cette coopération.
     En effet dès le 20 juillet 1963, le Cameroun avec les dix-sept  des E.A.M.A signait à Yaoundé une convention d'association avec les pays de la C.E.E dite convention de Yaoundé I. Elle entra en vigueur le 1er juillet 1964 pour une durée de cinq ans et fut remplacée le 29 juillet 1969 par la convention de Yaoundé II, signée également pour une durée de cinq ans. C'est le lieu de mentionner qu'en prélude à ces multiples négociations, Ferdinand OYONO en tant qu'ambassadeur auprès de la C.E.E , a pris part à toute les réunions préparatoires qui vont se tenir à Bruxelles en 1966. Ainsi, avec la première convention de Yaoundé fut mise en place le deuxième Fonds européen de développement (F.E.D) d'un montant global d'environ 198 milliards de F CFA courants. II y a lieu de mentionner qu'en prélude à ce F.E.D signé à Bruxelles, c'est à Paris que les ambassadeurs des pays africains d'expression française se réunissaient pour débattre des questions économiques concernant leurs Etats respectifs et la situation de la communauté (E.A.M.A) en particulier. C'est ainsi que petit à petit la coopération Nord-Sud sera mise en place. C'est également au cours de cette période où OYONO est ambassadeur du Cameroun à Bruxelles qu'il est élaboré la manière d'intéresser les autres pays européens à un développement de l'Afrique et plus tard des Caraïbes.
    Le 11 novembre 1966, les ministres des « Six » Etats européens et les « dix-huit » ministres des EAMA se retrouvent à Bruxelles pour la session extraordinaire du conseil d'association CEE-EAMA. Conduite par Victor ATEBA Ministre adjoint des affaires économiques et du plan et de Ferdinand Léopold OYONO, ambassadeur du Cameroun auprès de la CEE, la délégation camerounaise assiste à ces travaux dont l'objectif est de définir la notion de « produits originaires ». Il y a lieu de souligner qu'entre Yaoundé et Bruxelles les liens sont basés sur le commerce, les échanges et la coopération Nord-Sud.. A cet effet, le Cameroun va jouer un rôle important au sein des EAMA car son potentiel économique et humain était considérable en Afrique francophone. Suite à la nécessité de rechercher et de mettre en œuvre en commun des solutions visant l'accroissement des échanges au sein de l'association et l'élimination des obstacles à l'écoulement des produits africains sur les marchés de la CEE, les Etats Africains et Malgaches demandent aux six d'étudier les mesures susceptibles d'aboutir à la réduction de certaines taxes intérieures de consommation .Enfin, dans le domaine des relations extérieures, la résolution des parlementaires de Bruxelles préconise une position coordonnée des 24 pays européens et africains associés, lors de la conférence mondiale sur le commerce et le développement. Tenant compte des facteurs qui retardent l'action du F.E.D dans le développement de certains pays, la résolution propose que des mesures particulières soient prises pour promouvoir un développement harmonieux et équilibré de l'ensemble des  Etats associés
       Dans le cadre des EAMA et des travaux des « Six Dix-huit » il faut dire que ce sont des réunions qui se tenaient autour des Ministres chargés en Afrique des questions de développement ; ces réunions étaient précédées et préparées par celles du comité des Ambassadeurs à Bruxelles. Ainsi, au cours de cette première décennie des indépendances, période de tous les projets, de toutes les ambitions, Ferdinand OYONO aura eu l'insigne honneur de prendre part et de représenter son pays aux importantes négociations Economiques Eurafricaines.

3- L'Ambassadeur du Cameroun à Paris (1969-1974)


     La nomination de Ferdinand OYONO comme chef de la mission diplomatique du Cameroun en France en novembre 1969 intervient après la grande crise socio -politique qui a secoué la France à savoir la révolte de mai 1968 . Ferdinand OYONO depuis Paris a compétence également sur l'Espagne, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie.
     Au début des années 1970, la politique étrangère du Cameroun est caractérisée par une volonté de se débarrasser de la pesanteur des liens avec la France. Le rôle de l'Ambassadeur du Cameroun à Paris est donc à la fois de renforcer ces liens et de rassurer les autorités françaises pour obtenir d'elles plus de compréhension sur la volonté camerounaise, et à mener une politique étrangère indépendante.
      Dans ce pays où il a acquis sa formation intellectuelle et professionnelle, Ferdinand OYONO a la délicate mission de représenter son pays malgré l'état des liens quelque peu tendus avec la France. En effet, après l'accession des pays d'expression française à l'indépendance, la France a manifesté sa volonté de redéfinir sa politique de coopération vis à vis des dites nations. L'orientation nouvelle que veut donner Paris à cette coopération n'est pas bien accueillie par le gouvernement camerounais. Aussi, une politique de distanciation de ce dernier est elle observée vis à vis des responsables de la France question de témoigner d'une rupture symbolique par rapport au passé.
`'La conférence franco-africaine de Paris apparaît sans intérêt réel pour notre pays, mais encore contraire aux exigences de l'affirmation dans le monde de notre personnalité nationale ''
      De janvier 1970 à février 1974 en effet, il règne un climat de méfiance du Cameroun vis à vis de Paris ; on note le départ du Cameroun de Air Afrique, le refus du gouvernement camerounais de participer à la conférence franco-africaine organisée à Paris après la crise de l'organisation commune africaine et malgache (OCAM), ainsi qu'à tous les sommets franco-africains. Tout ceci va jeter un peu de trouble dans les relations franco-camerounaises ; à travers la dénonciation par le gouvernement de Yaoundé des accords de coopération franco-camerounais conclus en 1960 et la réorientation, la redéfinition de la philosophie de base de la coopération entre les deux pays.
       Dans un tel climat de méfiance et surtout de revendication du gouvernement de Yaoundé vis-à-vis de la France, le nouvel ambassadeur à Paris est resté presque inactif. Toutefois, à son actif, on peut relever le souci permanent de préserver les intérêts du Cameroun en France. En effet, suite à la publication de l'ouvrage Main Basse sur le Cameroun en 1972, par Mongo BETI et sur instruction des autorités de Yaoundé, Ferdinand OYONO déploya tous les efforts nécessaires pour que soit censuré ce chef d'œuvre anticolonialiste par les autorités françaises.
      Aucun acte d'éclat n'est à relever dans les relations franco-camerounaises jusqu'à la date du 21 février 1974 date à laquelle seront signés de nouveaux accords de coopération entre le gouvernement de la République Unie du Cameroun et le gouvernement de la République française, notamment :
- un accord général de coopération technique en matière de personnel ; - un accord de coopération culturelle
- un accord de coopération en matière de justice.
Par ailleurs, sur les plans économiques, militaires et culturels on assiste à des réaménagements :
- Sur le plan économique, les échanges commerciaux entre la France et le Cameroun devaient s'effectuer comme par le passé, selon le régime défini en la matière par l'association liant le Cameroun et la CEE.
- Dans le domaine militaire, les clauses de l'accord confirmaient le rôle de la coopération française qui allait s'exercer comme par le passé et selon les possibilités de la France par :
• l'assistance du personnel militaire français ;
• la fourniture de matériels et d'équipements militaires ;
• la formation et le perfectionnement des cadres Camerounais. - Sur le plan culturel, un accent est mis sur le bilinguisme franco-anglais, l'africanisation des programmes de même que la validité des diplômes etc.
   Comme nous l'avons vu plus haut, la compétence territoriale de l'Ambassadeur Ferdinand OYONO s'étendait aussi à d'autres pays tels que : l'Espagne, le Maroc et l'Algérie. Les liens entre le gouvernement camerounais et ces pays étaient peu avancés. Mais, le diplomate camerounais entretenait la flamme entre le Cameroun et ces pays. Au cours d'un dîner offert par le roi Hassan II, à l'occasion de la célébration de la fête nationale du Maroc en 1972, le diplomate OYONO échappe à un attentat. Ce coup d'état militaire appelé soulèvement de Skirhat, va coûter une grave blessure du doigt au Camerounais. Après Paris, Ferdinand OYONO est accrédité aux Nations Unies avant de se voir confier la direction de l'Ambassade du Cameroun à Alger.

4- A Alger (1982-1984) et Londres (1984-1985)


   Il serait difficile d'apprécier l'action de Ferdinand OYONO dans la politique étrangère du Cameroun sans mentionner le rôle joué à la tête de la représentation diplomatique d'Alger ou à l'Ambassade du Cameroun à Londres dont il eut déjà la charge en 1982-1984 et 1984-1985 respectivement.
Alger (1982-1984)
    L'action de Ferdinand OYONO à la tête de l'ambassade d'Alger peut se résumer dans le maintien de la coopération bilatérale. Avant l'arrivée d' OYONO à Alger le 22 octobre 1982, le Cameroun entretenait de bons rapports avec l'Algérie. En effet, les accords signés entre les deux pays dans la période 1970-1980 avaient pour la plus part été appliqués. Ces derniers portaient sur l'hydraulique, l'agriculture, l'enseignement, les transports etc. En dépit du climat difficile qui va affecter les aspects économiques que politique jusqu'en 1982, le pays va maintenir certains liens de coopération. Ainsi à l'actif de Ferdinand OYONO à l'ambassade d'Alger, on peut noter la poursuite du respect des accords de coopération de 1970-1980. Un accent est mis sur l'enseignement supérieur. En pétrochimie par exemple, 300 à 600 camerounais ont été formés en Algérie. L'octroi des bourses de coopération ne fut pas en reste, pour les filières médecine, science et technologie dans les Universités Ouari Boumediene ou à la Faculté de médecine d'Alger .Malgré le manque de contacts poussés sur le plan économique et politique avec la Tunisie, on note des progrès dans la coopération économique qui lie le Cameroun à ce pays. Le 16 février 1984, Ferdinand OYONO, cumulativement avec ses fonctions d'ambassadeurs plénipotentiaire de Tunisie avec résidence à Alger conduira la mission camerounaise décidée par le chef de l'Etat Paul BIYA en vue de se rendre en Tunisie préparer les assises de la troisième session de la commission mixte qui devait se tenir à Yaoundé à une date déterminée d'accord parties.

5- LONDRES (1984-1985)

    C'est le dernier poste diplomatique auprès duquel Ferdinand Léopold OYONO est accrédité en 1984; son séjour dans la capitale Britannique revêt une importance particulière. En effet, arrivé à Londres suite au décret en date du 26 juillet 1984, Ferdinand Léopold OYONO, précédemment ambassadeur du Cameroun en République Démocratique et Populaire d'Algérie, a passé le plus court (105) séjour de sa carrière en tant que chef de mission diplomatique. Durant ce bref séjour Londonien, l'état des rapports entre les deux pays pouvait difficilement changer de façon notable. En effet, au cour de la période séparant l'année 1960 des années 1980, les relations entre le Cameroun et la Grande Bretagne sont quelques peu timides. Le souvenir du plébiscite de 1961 est encore présent dans les esprits des deux camps. L'ambassadeur OYONO va tenter de les redynamiser. C'est ainsi que du 13 au 16 mai 1985, le Président Paul BIYA effectue une visite officielle à Londres. Ce qui pour un Ambassadeur est souvent considéré comme une réussite dans son rôle de rapprochement entre les deux pays. Cette visite devait ainsi inaugurer une nouvelle période de la coopération Camerouno-Britannique. Il était important pour les nouvelles autorités de Yaoundé de renforcer la coopération entre les deux pays. C'est ainsi qu'une convention portant sur la protection des investissements entre les deux pays sera signée le 4 juin 1982 .Parti de la Grande Bretagne quelques mois après la visite du Président camerounais, Ferdinand OYONO, n'aura pas pu faire éclore lui-même les fruits promis par cette visite. Néanmoins, il faut relever que la Grande Bretagne ne figure pas parmi les principaux pourvoyeurs de fonds du Cameroun pour ce qui est de la coopération bilatérale .

 


Powered by Renvi YIMGNA. Site contacts: moi@ferdinandleopoldoyono.org, kamdem@ferdinandleopoldoyono.org